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7,4......... C’est le nombre, par million d’enfants américains, d’écoliers malades à cause de l’exposition aux pesticides qu’ils subissent à l’école ; pesticides utilisés dans les écoles elles-mêmes, ou par les exploitations agricoles environnantes. Pour les employés d’écoles, le taux représente 27,3 cas (équivalent temps plein) par million d’employés d’école. Ces chiffres proviennent de l’analyse de données de 2.593 personnes souffrant d’une maladie liés aux produits phytosanitaires entre 1998 et 2002. La recherche a été réalisée par le National Institute for Occupational Safety and Health (Niosh). Publiée dans le Journal of the american medical association, l’étude montre que 0,1% des cas (3 personnes) souffrent d’une maladie sévère, 11% modérée, et 89% légère. D’autre part, les maladies sont principalement associées aux insecticides (35%), aux désinfectants (32%), aux répulsifs pour insectes (13%) et aux herbicides (11%). Selon les chercheurs américains, le taux d’enfants malades n’a cessé d’augmenter entre 1998 et 2002, ce qui pourrait s’expliquer par le nombre croissant d’écoles proches d’exploitations agricoles.
La section Nord-Américaine du Pesticide Action Network a mené de nombreuses études sur les dérives des pesticides en dehors des zones traitées, exposant les populations résidentielles aux alentours. Pour bien comprendre cette exposition il faut caractériser comment ces dérives se manifestent en pratique.
L’exposition résidentielle aux pesticides agricoles se fait lors de la pulvérisation à proximité des habitations (moment où les concentrations relevées sont les plus hautes) mais aussi des heures, voire des jours, après la pulvérisation par différents mécanismes physico-chimiques.
1-Volatilisation pendant la pulvérisation :
Elle se manifeste pendant et immédiatement après la pulvérisation quand le vent ou la machinerie souffle les gouttelettes, les poussières ou les gaz hors des limites du champ. Les gouttelettes sont les plus problématiques et peuvent se déplacer sur des distances assez longues.
2-Volatilisation post-pulvérisation :
Après avoir été pulvérisés les pesticides peuvent se gazéifier et peuvent donc se déplacer sur des distances assez longues. Cette volatilisation est très difficile à caractériser du fait de la nature gazeuse de celle-ci. Après la pulvérisation, de forts vents peuvent souffler créant ainsi des nuages de poussières contaminés et se redéposer plus loin sur les habitations, les voitures, les jardins privés mais peuvent aussi être inhalés directement.
Pour rendre compte de l’exposition atmosphérique les analyses devraient être systématiques. Beaucoup de régions ont mis en place un suivi des pesticides en milieu atmosphérique (études métrologiques) mais avec des données hebdomadaires qui ne laisse pas apparaître les niveaux réels d’exposition immédiats après les pulvérisations.
Etudes métrologiques (pulvérisations et concentrations atmosphériques en France)1
Le transfert de produits phytosanitaires vers l'atmosphère entraîne une contamination de toutes les phases atmosphériques, qu'elles soient gazeuse, liquide ou particulaire dans les aérosols, les gouttelettes de brouillard ou la pluie. Cet article fait une synthèse des observations menées en France depuis la fin des années 80. Les concentrations observées dans les eaux de pluie peuvent être importantes, avec des valeurs maximales atteignant 60 µg/l (la réglementation pour l'eau potable est à 0,5 µg/l). Les concentrations mesurées dans les brouillards sont plus importantes que dans les eaux de pluie. Concernant les phases gazeuse et particulaire, les concentrations sont comprises entre des niveaux nuls (non détectés) et 185 ng/m3, avec de fortes concentrations (2,6 µg/m3), observées localement. Cette contamination a été observée tout au long de l'année, avec parfois une évolution saisonnière. Les différentes observations montrent une variabilité spatiale des concentrations. Des composés interdits d'utilisation ont aussi été observés. Parmi les différentes molécules observées, on note la présence de composés a priori peu volatils d'après leurs caractéristiques physico-chimiques, ce qui prouve que des mesures de précaution sont nécessaires.
Les concentrations de pesticides peuvent être très variables selon la région et les cultures avoisinantes, la période de mesure, la nature du site (urbain ou rural), etc… Les niveaux les plus élevés sont mesurés lors de l’épandage à proximité du lieu de traitement. Les concentrations peuvent alors atteindre plusieurs milliers de nanogrammes par m3 : une étude de Lig’air en
2003 a
relevé 1 209 ng/m3 ((1,2 µg/m3) de phosmet et 7 893 ng/m3 (7,9 µg/m3) de captane au milieu de vergers lors de l’épandage. Une baisse rapide des niveaux est observée 24 heures après. mais la répétition des pulvérisations plusieurs faois par semaine parfois entretien des niveaux de contamination atmosphérique élevés.
De plus nous avons pu remarqué que la volatilisation post-traitement engendre une exposition plus constante qui va elle se redéposer chez les particuliers qui résident à proximité des champs. La contamination des jardins est aussi une étape vers une contamination de l’environnement intérieur de ces résidences.
Des données régionales plus précises sont disponibles selon les régions. Vous pouvez les retrouver sur le site institutionnel de l’Observatoire des résidus de pesticides (ORP).
Les études de risque, prévues pour tester la dangerosité des pesticides ingérés, sont insuffisantes pour nous protéger.
La Dose Journalière
Admissible (DJA) est établie pour chaque substance. Le calcul de cette DJA découle d’expérimentations animales réalisées avec une seule substance. Pourtant, pour beaucoup de scientifiques, elle n’est pas une garantie d’innocuité pour l’homme. Ainsi le Professeur DE JONCKHEERE, dans un rapport sur la présence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes du panier de la ménagère, écrit: "il faut signaler que les valeurs de DJA ne sont pas des valeurs exactes mais bien des estimations basées sur les données toxicologiques expérimentales concernant un pesticide. Cette approche ne tient pas compte de la possibilité d'effets synergiques qui peuvent survenir lorsque deux (ou davantage) de pesticides sont ingérés simultanément" (Professeur DE JONCKHEERE RUG,1995).
Que faire en cas de pulvérisation et d'exposition ?
- évacuer la zone, prevenez vos voisins et appelez le centre anti-poison le plus proche si des symptômes se manifestent. Avant d'évacuer la zone, fermez vos portes et fenêtres.
- en cas de contact des pesticides avec votre peau, douchez-vous le plus vite possible et emballez vos vêtements à part pour les faire éventuellement tester si vous voulez constituer un dossier.
- si vous ressentez des symptômes aigus d'exposition aux pesticides, cherchez immédiatement un avis médical en précisant bien que vous venez d'être exposés à votre insu à des pesticides.
- renseignez cet épisode aux autorités sanitaires et demandez à ce que des analyses atmosphériques et de sols soient réalisées.
- avertissez systématiquement l'Observatoire des Résidus de Pesticides qui au niveau national renseigne sur la présence de pesticides dans les différents milieux, dont l'air.
- renseignez les moindres détails: date et heure; quelles circonstances; votre situation géographique par raport au champ; conditions météorologiques (direction du vent et force, température,...); combien de personnes affectées et leurs symptômes, et; si vous le pouvez prenez des photos.
- contactez nous pour apporter votre témoignage.
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